Paroles libertaires ! 7 mai 2005, nous avons écrit : "Alors oui, ca recommence, "Emancipations", parce que les temps sont venus !" Nous confirmons.
Démagogie, économie,
et tutti quanti
Le programme soit-disant clair de Sarkozy possédait d'abord une force de conviction agissant sur les peurs, les angoisses et la simplicité. Populiste, démagogique, il est pourtant dans le même temps extrêmement cohérent.
Il a réussi ce tour de force de faire accepter une adaptation du système par beaucoup de ceux qui n'y ont pas intérêt. 82% des artisans et commerçants auraient voté pour lui, séduits donc par ce slogan : "travailler plus pour gagner plus". Une annonce qui dit clairement aux salariés : il n'y aura pas d'augmentation des salaires malgré les énormes augmentations de bénéfices des sociétés. Une orientation qui plaît au MEDEF. Le tour de passe-passe, c'est que ces artisans et commerçants, comme les plus de 65 ans, ayant voté à 75% pour lui, ne sont quasiment pas impactés (au moins dans un premier temps...) par la mesure. La finalité est de permettre une utilisation massive des heures supplémentaires pour une adaptation à vue aux cahiers des charges, donc une non création d'emplois stables, plus le gel des salaires.
Or il annonce le "plein-emploi". Qu'est-ce à dire ? Les CDD et CDI vont disparaître pour faire place à un contrat unique permettant de dépasser les limites actuelles des CDD...sans créer de CDI. Les CDI vont aussi se trouver précarisés. Mais l'utilisation ponctuelle des salariés aura plusieurs avantages pour le patronat : plus de statistiques qui gênent, plus d'unités salariales dans les secteurs de production, chacun(e) étant précarisé, émietté, nomade. Ce "plein-emploi", c'est la répartition du travail existant entre plus de salariés dont aucun ne gardera de droits et d'acquis stables. C'est porter un coup à toutes les formes d'organisation des salariés. C'est gagnant + gagnant pour les entreprises, leurs dirigeants et la cohortes des parasites appelés actionnaires.
Afin d'accroître la cohérence, un emploi sur deux de fonctionnaire ne sera plus pourvu : c'est casser les statuts les plus stables, ouvrir les activités de façon parcellisée dans la fonction publique, où se retrouveront notamment les ... retraités. Les électeurs de Sarkozy ont espoir que leurs parents âgés fassent de petits boulots pour survivre, comme aux USA ces personnes très âgées qui rangent vos courses dans les supermarchés. Pour leurs enfants, ils ont l'espoir que leurs filles lavent les voitures nues devant de vieux salauds comme celà vient d'apparaître dans le monde anglo-saxon.
Autre élément ficelant le système : après un petit boulot un autre petit boulot, avec une quasi interdiction de refuser sous peine de se retrouver à la rue. Finis les projets, personnels et/ou professionnels. ceux qui cumulaient les CDD dans un secteur en espérant finir par y trouver un CDI auront un CV éclaté les rivant à des fonctions éclatées, allant là où on leur dit d'aller.
Cette logique menant à ujn empêchement de tout "dialogue social" va s'assortir par avance de limitations fortes au droit de grève, notamment dans les secteurs stratégiques.
Les révoltes périphériques qu'un tel système va inmanquablement susciter justifieront l'Etat ultra policier prévu au programme. La dotation préventive de pistolets paralysants par exemple ne peut s'entendre que dans cette logique, comme la spécialisation de plus en plus large des policiers dans "l'anti-émeute". Une orientation bête et violente, mais qui suscitera des appels "à l'ordre". Ainsi, le test a été fait : ils allument le feu dans les banlieues pour dire qu'ils vont l'éteindre, et certains disent "bravo".
Histoire de laisser cette logique tourner en rond, il va suffire d'accompagner comme c'est prévu les USA et la Grande-Bretagne dans des expéditions à l'irakienne. Nouveaux "jeux" modernes pour amuser le populo et l'occuper.
L'euphorie de Tony Blair le socialiste et de Bush le bushiste après l'élection de Sarkozy se comprend vu l'extension d'un certain mode de "vie". Mais elle signifie aussi que toute résistance à ce mode de "vie" les contrarie. Que lutter n'est pas vain et inutile, que résister veut dire quelque chose.
La particularité de la France va rendre la tâche plus difficile à ces sorciers, et l'enjeu majeur. Il n'est peut-être pas intéressant de préciser ici et maintenant nos projets pour contrarier ce monde de l'horreur. Mais il est important de rentrer dès maintenant en résistance. "Résistance" est le mot qui est revenu dans beaucoup de bouches et qui traverse beaucoup d'esprits. "Résistance" c'est autre chose que colère, plus que révolte. Nous sommes beaucoup en colère, beaucoup à être révoltés, nous devons être très nombreux à entrer en résistance.