Paroles libertaires ! 7 mai 2005, nous avons écrit : "Alors oui, ca recommence, "Emancipations", parce que les temps sont venus !" Nous confirmons.
Rien, il ne se passerait rien dans ce pays. Un exemple ? Le mouvement étudiant et lycéen serait terminé. Profitant de la réorientation de l'UNEF, les journalistes aux ordres font silence. Misant avec le pouvoir qui les inspire sur une agonie rapide de ce mouvement. La méthode n'est pas nouvelle, mais elle a fait ses preuves. Il n'est pas inutile de regarder la tv russe, par exemple : même si l'on ne comprend pas le russe, on ne peut pas louper la tête de Poutine à toutes les sauces, et comprendre qu'il ne se passerait rien en Russie non plus. Ici, on a droit au faciès de Sarkozy !
Il ne faut pas être un grand stratège pour deviner ce que ces attitudes vont susciter : des réactions exacerbées, spectaculaires, vu que le spectacle ne met pas en scène la réalité et que plusieurs vont s'en désespérer. C'est bien le piège à éviter. Comme il faut bien comprendre que l'on peut laisser au pouvoir cette censure ostensible qui se retournera contre lui, et creuser en bonnes taupes les trous par lesquels chemineront les idées nouvelles. Il n'est pas inutile de donner à l'ennemi le "canada dry" de la victoire, l'illusion. Comme on donne sa rente à un vieux Kouchner.
Certes, il aurait été difficile de cacher la grève des transports, aussi le pouvoir cherche-t-il à retourner la chose : le mouvement social se résumerait à une dizaine de jours de grève dans un secteur, au terme desquels le libéralisme aurait conquis tous les coeurs. Laissons le croire à ceux qui le veulent, ils n'en seront que plus surpris.
Les révolutions sociales ne sont pas annoncées par voie de presse, qu'on se le dise !