Paroles libertaires ! 7 mai 2005, nous avons écrit : "Alors oui, ca recommence, "Emancipations", parce que les temps sont venus !" Nous confirmons.
La réduction des impôts, on le sait, est un des piliers du régime Sarkozy. Or le bilan est déjà lourd : la réduction des impôts sur le revenu a très largement profité aux plus riches, vidant les caisses de l'Etat, et très très partiellement atteint la plupart, en même temps que les impôts locaux augmentaient très fortement. Au final, le solde est une augmentation de ces impôts, et encore faut-il savoir que d'une part l'Etat aura toutes les peines du monde à baisser encore ses impôts tandis que régions, départements et communes doivent inévitablement les augmenter encore très très fortement. Conséquence inévitable de la reprise par ces derniers detâches auparavant confiées à l'Etat. Ces calculs simples, tout un chacun peut les faire, ou pourra les faire le jour où il acceptera de voir les choses en face.
Mais l'impôt direct n'est pas le seul. Or on le sait la TVA va augmenter de façon délirante. Et dans le même temps se préparent des augmentations disons localisées de cette dernière. Les patrons-pêcheurs, très liés à Sarkozy, par exemple,, encaissent la hausse du prix du carburant. Ils ont entâmé un mouvement assez dur pour que l'Etat, le fameux Etat qu'ils ne cessent de dénoncer, leur vienne en aide. Ils demandent...une augmentation de la TVA pour le poisson, s'inspirant des idées fumeuses du Grenelle de l'environnement et autres gadgets. Or le prix du poisson le classe déjà au rang des denrées chères. Mais s'ils souhaitent une aide ponctuelle de l'Etat (prise donc sur les impôts), ils exigent une aide permanente par la levée de ce nouvel imôt. Pour ce faire, ils en appellent au Ministre mais aussi au Président, qui leur a fait tant de déclarations d'amour. Qui a permis que leur régime de retraite ne soitpas impacté par une réforme/casse présentée comme "inévitable". Forts de ce qui dès lors peut apparaître, dans ce contexte, comme le privilège de sarko-fidèles (retraite à 55 ans), ils demandent encore plus à l'Etat et encore plus d'impôts, alors même qu'ils font partie de cette France qui ne supporte ni l'Etat régulateur, ni les impôts, ni les rééquilibrages sociaux, ni les droits sociaux (comme les retaites). Autant dire que le système se mord la queue.
Au delà tous ceux qui ont cru aux contes libéraux de Sarko font l'expérience jour après jour de l'impossibilité même de ce programme et de ses contradictions inhérentes, mais ils attendent encore l'ouverture des robinets des revenus. Autant dire qu'ils peuvent attendre longtemps. Il faut comprendre que le réflexe de l'inflationnisme est très largement partagé, alors qu'il est dépassé. Payer plus, être moins remboursé, ils acceptent tout cela parce qu'ils s'ilusionnent encore sur la compensation. Or elle se réduit théoriquement au seul espoir des heures supplémentaires. Ces heures que les patrons ne vont pas programmer pourle seul plaisir des salariés. Ces heures qui sont un non-sens pour les artisans, car ils décident déjà de leur organisation du travail (même si la décision est rarement libre), et ne peuvent attendre des avantages fiscaux au sujet d'activités qui pour 80% au moins échappent à toute déclaration.
La complexité et le problème ne viennent pas de ces considérations, que, répêtons-le, tout un chacun pouvait faire avant les élections. Le problème est de comprendre pourquoi ces catégories sociales, si aptes à la calculette, n'ont pas les comptes avant. Peut-être simplement parce qu'ils ont été chercher ailleurs leur volonté sarkozyste. Dans une peur, dans un réflexe passéiste, dans un refus des étrangers, dans un réflexe primaire de défense par repliement sur soi. Or là encore le sarkozysme va les heurter de plein fouet. Déjà il leur a notifié que leur vote contre la constitution européenne avait été balayé par un coup de plume à Lisbonne. Il va, par son soutien au bushisme agonisant, confronter directement la France, conflictuellement, à une bonne partie du monde. Et s'il peut donner en pâture les charters d'immigrés et les rafles, pour satisfaire le pétainisme traînant dans la société française, il amplifie déjà, mais encore en souterrain, les problèmes structurels d'une société qui négocie, au Maroc, en Algérie et ailleurs, l'envoi de main-d'oeuvre fraîche, en même temps qu'il innonde ces pays d'activités délocalisées.