Paroles libertaires ! 7 mai 2005, nous avons écrit : "Alors oui, ca recommence, "Emancipations", parce que les temps sont venus !" Nous confirmons.
Rappelons-nous : le premier grand épisode de la casse des retraites avait suscité un mouvement de grande ampleur. Mais la CFDT, par Chérèque, était venue au secours du patronat en signant, et parallèlement la direction de la CGT faisait capoter tout espoir de grève générale. Le paradoxe était que dans la rue, les grévistes et les manifestants se rassemblaient derrière des sigles de la CGT pour demander la grève générale. Paradoxe apparent, car la rue s'était emparé de sigles abandonnés, comme la jeunesse le fera un peu plus tard pour empêcher le CPE.
Parallèlement, le pouvoir promettait le maintien des régimes dits "spéciaux", comme Sarkozy avait promis qu'EDF-GDF ne seraient jamais privatisés. Et encore la CGT notamment relayait la "bonne nouvelle", les cheminots et autres secteurs clefs du conflit nous quittant un peu précipitamment. Certes, les concerné(e)s étaient sceptiques et sur les promesses et sur l'abandon de la lutte et sur le refus de la grève générale, mais la CGT gardait encore, à la SNCF notamment, une certaine audience, lui permettant de taire les critiques sous des discours creux et des perspectives électorales. Le manque d'une organisation ouvrière conséquente se faisait sentir. Et les "bombes à sous-munitions" pouvaient attendre leur heure.
Aujourd'hui, elles explosent avec la casse des "régimes spéciaux", et les concernés vont se retrouver très seuls dans cette bataille. Mais au cas où, la même CGT a déjà décidé de limiter son action à ... 24 heures, s'opposant à SUD-Rail par exemple, souhaitant une grève reconductible. Là encore, les vieux schémas léninistes s'épuisent au mur de la réalité, et les trotskystes ont comme toujours quelques décennies de retard, et leur soleil rouge dans les yeux. La question des retraites ramenée à une dispute de famille dans la famille léniniste, c'est aussi une sous-munition qui explose à la tête des concernés.
Nous n'échapperons ni à la question d'un projet révolutionnaire, ni à celle de la construction d'un mouvement révolutionnaire. L'époque elle-même nous y invite. Alors courage : le capitalisme est malade ? Qu'il meure !

Travailler avec des cordages sur des lignes à haute tension par exemple ne serait plus un travail pénible et pourrait se faire jusqu'au bout de la vie... Pour un salaire de ...1300 euros.