Paroles libertaires ! 7 mai 2005, nous avons écrit : "Alors oui, ca recommence, "Emancipations", parce que les temps sont venus !" Nous confirmons.
Depuis des années, une campagne contre les fonctionnaires avait préparé à des suppressions d'emploi. Campagne jouant sur une mythologie des fonctionnaires, des caricatures, des idées fausses, des images mentales matraquées.
Au même titre, pour ne pas s'attaquer bille en tête à l'école, c'est à dire aussi au droit à l'instruction pour tous/toutes, à la correction des inégalités de départ, nos bureaucrates ont élaboré une stratégie. Au sein de cette stratégie, la tactique suivante est largement utilisée : mettre paradoxalement l'accent sur les inégalités et dire que l'école ne les corrigerait pas, donc qu'il faut la réformer, et la réformer en modifiant sa structuration, qui serait une accumulation de fonctionnaires. Rien de plus simple, il suffit de dire qu'à l'étranger il sont moins nombreux.
Certes, en Angleterre ou aux USA, ou au Yémen et en Tanzanie, ils sont moins nombreux. Et dans les pays anglo-saxons, l'accès aux universités est régi par la loi du fric d'abord. Cela permet deux choses : produire les futurs cadres voulus en puisant dans les enfants des gens à hauts revenus et empêcher l'accès à l'université à la plupart. Réalité qui à son tour influe sur l'enseignement et la recherche. (L'on devient ainsi par exemple très forts en science militaire et très peu producteur de poètes, philosophes et autres. On devient très fort en producteurs de solutions miracles, transgéniques ou autres, très nul en prévention des risques majeurs pour les eco-systèmes.)
Donc, en théorie appliquée, cela donne les infos télévisées et les articles à sensation des journaux et revues, qui se font écho d'un rapport (oh comme il tombe bien !) d'experts non identifiés et si aisément manipulables, rapport qui dirait au Président de la République : aï, patron, y'a pas retour sur investissement ! Donc, le patron va conclure : y'a trop de fonctionnaires; on en supprime et ca ira mieux. Et le peuple sarkozyste d'applaudir, clap, clap, et de retourner aux jeux du cirque (ou des ballons ronds et ovales).
Mais çà, c'est leur boulot, on le sait. Vaut mieux le savoir, mais seule l'affirmation d'un autre monde pourra y mettre un terme. Car ne l'oublions pas : nous sommes en ... 1788.