Paroles libertaires ! 7 mai 2005, nous avons écrit : "Alors oui, ca recommence, "Emancipations", parce que les temps sont venus !" Nous confirmons.
Royal/Sarkozy ou les habits neufs du CPE.
Le CPE n'est pas passé, mais la tentation d'exploiter les jeunes de façon spécifique n'est pas éteinte. Les candidats à la Présidence Royal/Sarkozy déclinent 2 formes variées de ce désir malsain. Pour se rejoindre dans l'annonce d'un service civil obligatoire. Qu'est-ce à dire ?
Le CPE promettait une longue période d'incertitude et de réduction des droits, le Service Obligatoire promet l'absence de tout droit et de tout revenu. En d'autres temps, ce travail forcé a reçu des noms divers. En France, c'est le régime de Pétain (Chantiers de jeunesse, etc) puis l'occupant nazi (Service du Travail Obligatoire) qui l'ont utilisé en dernier. Aujourd'hui, dans la bouche des candidats, il est concocté avec des relents de civisme ou autres galéjades qui cachent mal les intentions réelles. On connait bien désormais le regret du Service National armé exprimé par Royal, cette fille de militaire; on connait le libéralisme économique extrémiste de Sarkozy, pour qui la liberté d'exploiter des patrons prime sur toutre liberté humaine : mélangez le tout, ajoutez-y les salades régulièrement agitées sur l'entraide par quelque abbé Pierre vieillissant ou Kouchner agité, vous obtenez le service civil obligatoire, travail forcé et non payé. De quoi renvoyer le CPE au placard des bonnes intentions.
Le lundi de Pentecôte travaillé/non payé, ca ne leur suffisait pas. La porte était ouverte, voilà qu'ils l'enfoncent de leurs gros godillots.
Ce n'est pas immédiatement que les réactions auront lieu, pas avant, la plupart du temps, car nous sommes plongé(e)s, par un abrutissement organisé, dans la culpabilité. Aussi refuser ce qui se dit "social", "humanitaire", "citoyen" ou autre n'est pas évident. Il faudra mettre au jour l'arnaque, et nous nous y emploierons. Ensuite, la jeunesse tranchera.
Incapables de projets réels, gauche et droite, de plus en plus privées de marge de manoeuvre, vont aller dans le sens de ces tentations : s'affirmer comme LE pouvoir, bête, brute, pas le pouvoir de changer quoi que ce soit, mais le pouvoir d'être le pouvoir ou de le croire; dégager du travail non payé, cette forme vicieuse et aigrie de l'impôt associée au fantasme du pouvoir justement. Et Bruxelles ne dira rien, bien au contraire ...

Contre le travail forcé, nous nous engageons à faire de notre pire !