Jacques Chirac a été élu par un consensus électoral. Obtenant un score très éloigné de son résultat au premier tour du scrutin. il n'en a pas moins gouverné comme si de rien n'était. Aujourd'hui, armé d'un premier ministre jamais élu par qui que ce soit à quoi que ce soit, il se retranche, comme ce premier ministre, derrière la "représentation nationale". Une représentation qui serait garante de tout, qui exclurait tout dialogue, qui pourrait tout justifier. On voit les limites et les contradictions d'une telle logique, car ce n'est pas pour plaire à un goût du pouvoir absolu que cette représentation a été voulue en son temps, au point de couper les têtes des nobles, mais pour répondre à un souci de démocratie véritable. une démocratie bien vite orientée vers le choix de ses maîtres, certes, mais plus ou moins obligée de tenir compte des administrés. Aujourd'hui, cette démocratie tient compte d'une infime minorité, et la rencontre du gouvernement, dans cette crise du CPE, avec les patrons le 20 mars 2006, en est symptomatique. Rencontre doublée d'une rencontre avec quelques jeunes, après avoir refusé d'entendre 1 million et 1/2 de manifestants et 80% des jeunes de ce pays : on voit quel crédit l'on peut porter à cette entrevue.
Les lois dites de "l'égalité des chances" (sic !) sont passées avec le "49-3", c'est à dire en force, sans débat à l'Assemblée (pourtant aux ordres). Histoire de montrer un peu plus le sens donné par le citoyen Villepin à la démocratie !
Légitimes, le Villepin, le Chirac ? Certes, au regard de certains textes. Mais qui ne sait aujourd'hui que cette légitimité est nulle et non avenue ?
Voter sur un mandat ou voter pour déléguer son pouvoir, ce n'est pas du tout la même chose. Ironie de l'histoire que de voir ces mouvements, très amplifiés par les media, protester contre le manque de démocratie des assemblées générales étudiantes !
Le pouvoir nous veut comme ces "veaux" dont parlait le général de Gaulle (encore une particule, tiens !). Hier, il nous prenait comme les moutons de leur "Europe" : les moutons noirs ont su leur répondre. Les veaux d'or sauront leur causer !
"Merde à ces chiens-là !" (Arthur Rimbaud)