Paroles libertaires ! 7 mai 2005, nous avons écrit : "Alors oui, ca recommence, "Emancipations", parce que les temps sont venus !" Nous confirmons.
Voilà venu le temps des anniversaires. Tous les reconvertis et quelques autres vont se faire un devoir de sortir des livres insipides sur mai 68, tel Cohn-Bendit, l'inépuisable aboyeur sans fond bien installé dans son fauteuil de l'Union européenne payé par nous. Mais c'est d'avril 68 que nous voudrions parler. de ce qui a été encore tu, de ce qui n'est jamais évoqué. En ces temps les journalistes s'ennuyaient et n'avaient pas de Carla Bruni. Ils cherchaient donc, les pauvres, quelque monstre du Loch Ness dans un pays qui s'ennuyait, et répêtaient que rien de particulier n'était à signaler. Comme un certain Louis Capet, roi de France, écrivait sur son journal le 14 juillet 1789 : "Rien." (il voulait dire par là qu'il n'avait rien tué à la chasse, et n'avait rien d'autre à dire). Alors, dans ce rien de 68, dans ce consensus généralisé, allaient très vite éclater quelques conflits localisés et radicaux. Un patron sera pendu en effigie avant de l'être pour de bon, mais la consigne était de ne rien dire, et quand des étudiants à Nanterre réclamaient le droit de se voir en mixité, en parler était pensé comme un moyen de se taire. Loupé !
En ces temps, le PCF était fort et a mis tous ses moyens en oeuvre pour sauver le capital. Aujourd'hui, ils se bousculent presque sur les plateaux télé pour revendiquer ce combat mené main dans la main avec la droite et l'extrême-droite, mais longtemps ils ont, en vain, tout mis en oeuvre pour tenter de nous empêcher de le dire : rencontres quotidiennes et secrétes pour tenter de contrôler et enrayer le plus grand mouvement de grève en France, collaboration PC/Police, blocage des bus parisiens, stratégiques, appui de l'URSS contre la révolution sociale, délations, mensonges, menaces,... le quotidien des staliniens quoi. S'ils ne nous ont pas fait taire, ils ont au moins réussi à laisser penser que nous mentions ou que nous n'existions pas. la suite des illusions, vous l'avez vécue,... Mais aujourd'hui le PCF n'a plus ces moyens, l'URSS a vécu, Staline n'est plus très admiré, et nous revendiquons ne pas y être pour rien. Ceci étant, nous n'avons pas fait tout ce chemin pour vivre ce monde tel qu'il est. Plus simplement, nous avons d'abord brisé les murs qui nous empêchaient d'avancer. En ces temps d'avril 68, nous sommes là, au profond de ce monde, où aucun journaleux ne saura nous dénicher, où l'on continue à nous ignorer. Nous avons évité toutes les bonnes places que des marxistes de tout poil ont prises. Nous sommes si près de nos ennemis que nous les reniflons, et au fond ils savent bien que nous attendons l'heure.
Dormez, braves journaleux, dormez, tas d'abrutis vendus, nous veillons, nous attendons un printemps qui vous fera frémir. Vive la vie !