Paroles libertaires ! 7 mai 2005, nous avons écrit : "Alors oui, ca recommence, "Emancipations", parce que les temps sont venus !" Nous confirmons.
RESISTANCE
Enrico Macias chantait "enfants de tous pays, tendez vos mains meurtris" avec l'UMP, imaginant sans doute que ce serait plus facile de leur passer des menottes pour les expulser en charters : cette France de l'horreur, nous ne l'aimons pas.

Johnny Hallyday était la première personnalité reçue par le président Sarkozy, le Johnny, l'ancien loubard casseur, exilé de France par amour du fric : cette France pourrie, nous ne l'aimons pas.

10000 fascisants acclamaient Sarkozy disant qu'il ne les trahirait pas, lui qui a trahi tous ses amis : cette France stupide, nous ne l'aimons pas.

Nous pourrions multiplier les exemples, mais c'est inutile : des millions de personnes ont senti aujourd'hui, dans leur esprit, dans leur coeur, dans leur corps, la douleur de voir cette France accoucher de l'horreur. Et n'en déplaise à dame Royal,
il n'y a pas une France mais deux camps et une guerre de classes
et ils le sauront de plus en plus, de mieux en mieux.

La France des enfants de Pétain qui accueillait ce 6 mai des américains pour chanter en anglais aux Champs-Elysées un Sarkozy comparé à Jésus, pour fêter l'alliance avec Bush, qui a aussitôt félicité son gouverneur de province, cette France a son président, son petit fonctionnaire de la soumission, du libéralisme, de l'américanisme, et cette France, nous ne l'aimons pas.
Celle qui partira en Irak et ailleurs pour les grands capitalistes et pour la haine chrétienne du reste du monde, celle qui va engraisser les actionnaires encore plus pour en faire encore moins, celle qui désigne les banlieues comme un ramassis d'ennemis, celle qui refuse d'accepter l'histoire de France, celle des magouilles, des mafieux, des menaces, des matraques, celle qui a mobilisé les voix fascistes et fascisé les voix de droite, celle de la rancoeur, de la haine, du racisme, celle des traîtres, cette France, nous ne l'aimons pas.

ILS ONT LA TROUILLE
et sur ce point au moins ils ont raison. Ils pouvaient, à coups de millions et de millions d'euros, avec les puissances de l'argent, de l'info, des partis, des spécialistes, avec tous leurs flics et leurs journaux, télévisés ou pas, réduire ce peuple à un peuple de veautants (pardon aux veaux !), arriver à nous diviser au point de penser que nous ne sommes plus que çà, ou Sarko ou Ségo, comme si le choix d'un cheval pouvait résumer l'immense richesse humaine. Ils avaient intérêt à cacher les vraies divisions de ce monde derrière ces divisions là, et c'est pourquoi, "mano en la mano", Sarko/Ségo appelaient aussitôt au respect du choix électoral. Nous ne le dirons jamais assez : HITLER AUSSI A ETE ELU, et les limites de la démocratie représentative sont désignées.
Demain, la réalité rejoindra les français. Nous ferons, nous l'avons dit, nous le répêtons, de notre pire, contre la folie de ce monde. Nous serons de ces combats. Mais la bêtise haineuse de tant de millions de personnes fait mal, soumises à des idéologies distillées jour après jour, à côté de la vie, à côté de leur vie.
Certes, la résistance a commencé, mais c'est l'offensive qui doit prévaloir. Quasiment la moitié des électeurs de Royal n'ont pas voté pour elle mais contre l'agité. Le projet de la gogôche n'était qu'une façon de continuer ce monde plus sereinement, en apparence. Le projet Sarkozy, c'est ce monde plus le mépris, la haine, la rancoeur, la revanche, l'asphyxie : il nous aidera à le combattre, car par des petites gens comme lui, Hallyday, Doc Gynéco, Macias, Hanin, Tapie et toutes les raclures que l'on connaît, la haine de ce monde devient une nécessité.

Les quelques milliers de personnes qui ont été chargées dès ce jour à Paris par les chiens policiers de Sarko, et à Bordeaux, et à Lille, et à Nantes, et à Caen, et à Marseille, et à Lyon, et ailleurs, n'étaient là qu'à rappeler à cette France que nous avons bien l'intention de lui rendre coup pour coup et un peu plus.
LAISSONS LE DESESPOIR POUR DES TEMPS MEILLEURS
A L'OFFENSIVE !
