Paroles libertaires ! 7 mai 2005, nous avons écrit : "Alors oui, ca recommence, "Emancipations", parce que les temps sont venus !" Nous confirmons.
Il y a les grandes décisions, pour casser les retraites, pour casser la couverture sociale, pour privatiser, pour réduire le nombre de fonctionnaires, c'est à dire les droits de travailleurs, il y a les perles enfilées par le libéralisme, de droite ou de gauche, mais il y a aussi la violence quotidienne, ces violences subies au jour le jour par chacun(e), et le mal n'est pas moindre.
Ces violences ont toutes les facettes : humiliations, harcèlement des petits chefs, mépris des grands chefs, discours imposé, cadences accélérées, mensonges, mépris de la sécurité, informations cachées (voir l'amiante ou les essais nucléaires), etc..., etc...
Leur force est de nous laisser seul(e), avec le sentiment de l'être, au moins. Or il est possible de réagir.
Dans ce combat de tous les instants, nous pouvons déjà lutter pied à pied pour les droits. Faire par exemple reconnaître dans un réglement intérieur de collège la violence morale, le harcélement moral comme une violence effective, car il importe de faire progresser le droit dès l'école.
Prendre la parole d'autant qu'on nous la confisque : la prendre où c'est possible, livrer à la publicité tout ce qui se passe dans le non-dit. Les violences imposées aux femmes depuis si longtemps ne régressent qu'à cette condition. Les syndicats ne sont guère enclins "naturellement" à dénoncer les atteintes aux doits des femmes, il faut leur forcer la main.
Prendre conscience que ces violences ne sont ni aléatoires ni gratuites : échanger, exprimer, proposer, dénoncer, lutter.
Les grandes entreprises utilisent des outils de guerre psychologique. Les grandes entreprises publiques privatisées, par exemple, sont assez spécialistes en la matière depuis leur privatisation démarrée par la gauche, poursuivie par la droite. Aujourd'hui, elles programment des démissions de fonctionnaires par milliers. Comment ? En se servant de la mobilité imposée par exemple, qui devrait inciter des fonctionnaires d'âge mûr à quitter ces entreprises. Et ce n'est qu'un exemple de cette violence orchestrée, dont chacun(e) vit les conséquences dans son coin comme une fatalité, ainsi que les femmes qui culpabilisent sur ce qui a pu leur arriver et qui est la conséquence directe d'une société, d'une idéologie.
Les anarchistes ont depuis toujours mis l'accent sur la nécessité de changer sa propre vie aussi, et dès maintenant. Cela ne veut pas dire que l'on changera le monde dans son coin, cela signifie que l'on pose chacun(e) les bases d'un autre monde, cela veut dire que l'histoire c'est aussi notre histoire, à chacun(e), et que le monde vrai est le monde des humains, qui peuvent justement le transformer, qui le font de toutes les façons chaque jour, chaque heure. Aussi décisif que puisse être un individu, la société ne se réduit jamais à quelques-uns, à la différence du capital, qui tend toujours à se rassembler dans quelques mains, tout comme le pouvoir.
C'est bien un monde qui est la tâche !