Paroles libertaires ! 7 mai 2005, nous avons écrit : "Alors oui, ca recommence, "Emancipations", parce que les temps sont venus !" Nous confirmons.
Il y a comme qui dirait quelque chose qui ne va pas au royaume de truanderie. Les coups bas succèdent aux coups bas et l'exaspération monte. Les manifestations succèdent aux manifestations, de plus en plus importantes, notamment dans la jeunesse, mais le gouvernement avance sans encombre. Ce n'est pas la conscience qui manque, ce ne sont pas les mobilisations, les explications, les informations, c'est simplement la mécanique folle d'une société malade.
Et bien qu'il fasse à peu près ce qu'il veut, ce gouvernement hésite encore un peu à réaliser ses rêves les plus fous. On voit bien à quel jeu de provocations il joue, on sent bien la frustration de ses gens d'armes à ne pas avoir encore la même latitude que les sbires de Khadafi ou de Pékin. Mais ca vient. La dictature tranquille du marché ne va pas pouvoir échapper longtemps à sa vérité, de feu et de sang. Et "l'opposition" institutionnelle ne peut plus chercher que quelques provisoires victoires de procédure, censées nous consoler de toutes les saletés.
L'idée que rien ne sert à rien n'est pas une idée mais un sentiment, ce vécu quotidien que nous ne serions et ne pourrions rien. Malgré tout, et donc notamment chez les jeunes, on se bat, pour l'honneur, tout en sachant que ca ne suffit pas.
Oui, tout passe et tout trépasse à un certain niveau, et il nous faudrait bien sortir des logiques impuissantes. Il ne doit plus nous suffire d'avoir raison, encore faut-il une raison en actes, et la question se pose avec une actualité rare. Et quand ces questions de tactique, de stratégie, se posent, c'est que se pose la question des buts vers lesquels on tend, c'est que se pose la question des fausses solutions (Royal, Bayrou, Le Pen, Besancenot...). Soyons réalistes : qui met au bout de ses espoirs, de ses rêves, de ses revendications, le sourire béat de Royal pour gommer les coups de bile du petit caporal ? Et quand on dit Royal, on pourrait sortir toute la liste des chevaux et des pouliches en course. On le sait bien, allez, et cela veut bien dire que nous n'osons pas encore, que nous ne savons pas encore avancer un vrai projet, celui avec lequel il ne restera plus de questions tactiques isolées. car si rien ne marche et si on laisse tout être cassé, c'est que nous sommes encore dans l'illusion de pouvoir continuer ce monde comme il est. Un peu plus ou un peu moins d'OGM dans la gamelle ? Un peu plus ou un peu moins de prêtres pour prêcher la guerre ? Un peu plus ou un peu moins de nations pour faire de beaux massacres ? Un peu plus ou un peu moins d'heures supplémentaires ? : sacrés questions !!!!!!!!!!!!!
Soyons enfin réalistes :
DEMANDONS L'IMPOSSIBLE !