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Paroles libertaires ! 7 mai 2005, nous avons écrit : "Alors oui, ca recommence, "Emancipations", parce que les temps sont venus !" Nous confirmons.

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A l'heure des comptes, les idées reviennent en force !

   Nous faisons, comme chaque peuple, nos comptes, et force est de constater la baisse du "pouvoir d'achat" par exemple, les restrictions sur les services publics, la dominance de plus en plus nette de la logique financière, l'étendue du cadeau fiscal aux plus riches. Mais au delà des comptes, les idées pointent leur nez. n'entend-on pas tous les spécialistes auto-déclarés bêler que l'idée de socialisme est dépassée, terminée, erronée ? Et ceci à l'adresse de ces militants du PS qui ne représentent aucun danger pour l'ordre d'un monde dont ils acceptent l'essentiel et ne discutent plus guère les "détails". Ceci en prévision d'une éventuelle et improbable percée d'un Besancenot par exemple. Car il en va ainsi : à l'heure où les idées manquent, voilà que les idées les plus fausses, les plus éculées, les plus trompeuses, restent la seule référence de la pensée autorisée.
   Mais quelle est cette différence entre "comptes" et "idées" ? L'idée, leur idée, c'est que le monde ne peut être que comme il est, pauvreté infinie d'une pensée morte, absente. Et donc qu'il ne nous appartient, à la rigueur, que de faire les comptes du malheur. Une autre idée cependant leur vient : que le monde soit refait selon un ensemble mort d'idées mortes, style Lénine, ou Hitler, ou Kouchner, ou Dupont, ou Khomeiny, ou n'importe qui. Mais ce n'est pas ainsi que va la vie.
   Nous ne pouvons nous contenter de compter, d'être le spectateur assis et impuissant de notre vie. Nous ne pouvons nous perdre dans tel ou tel fantasme idéologique. Ou alors le monde ressemble à ce qu'il est, or tout nous dit que ce monde est fatigué, déglingué, agonisant, sans espoir, sans rêve et sans présent maîtrisé. Et tout le monde le sait, et cette connaissance partagée n'a pas encore accouché de quoi que ce soit, si ce n'est que désormais, peut-être, les fausses solutions ne prennent que dans leurs formes les plus arriérées : nationalismes, religions, impositions, pour cette raison que ce monde, que le monde, ne peut plus échapper à sa vérité, et conforme à sa réalité la pauvreté, la misère et l'horreur d'institutions adaptées. Alors il faut un Sarkozy, un Bush, un Poutine, plein d'ayatollah et de curés, plein de bureaucrates chinois et de prêtres thibétains, comme pour assurer que le monde ne peut être qu'à ces images, qu'au pire, que dans la décadence, l'arriéré, le débile.
   Pourtant la femme voilée est encore une femme, l'homme qui vote est encore un homme, le profiteur est encore responsable, le curé est encore sexué, le dictateur a commencé par être un bébé. Inexorablement, la vie se rappelle à nous, et d'elle nous devons faire le pari, et contre quelques esprits malades avancer vers la réalisation de notre humanité. Nous n'en sommes qu'aux grands mots et aux petits comptables du malheur, mais l'exigence avance dans le quotidien. Rien ne nous assure d'accoucher de nous, et rien n'assure le monde de continuer. Nous sommes responsables de nous, de tout. Tout est à faire et c'est tant mieux, car cela affirme que tout est possible.

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