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Paroles libertaires ! 7 mai 2005, nous avons écrit : "Alors oui, ca recommence, "Emancipations", parce que les temps sont venus !" Nous confirmons.

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Alain Badiou : le nom de Staline

   Alain Badiou a écrit un petit livre intitulé : "De quoi Sarkozy est-il le nom ?", présenté jusque sur les plateaux de télévision. Ce monsieur est annoncé comme "le dernier opposant", et comme il donne régulièrement aux Etats-Unis des conférences sur la philosophie française, c'est dire quel personnage respectable il est. A son palmarès, il aligne aussi un poste "émérite" de professeur à l'Ecole Normale Supérieure, fabrique haut de gamme du prêt à penser et à diriger, et autres CDI cumulés. Auparavant, issu d'une lignée familiale d'élèves de Normal Sup, il était maoïste invétéré et membre de l'un des groupuscules les plus sclérosés et les plus staliniens de cette sacré famille idéologique (l'Union Marxiste Léniniste de France).
   Donc, voilànotre Badiou, resté fidèle à Staline et citant Mao à tout va (c'est à dire parlant pour ne rien dire), qui va nous expliquer Sarko. Pour lui, Sarko est le nom de la peur des possédants de perdre leurs privilèges. Ceci tel que, sans explication supplémentaire, mais bon y'a un créneau. Et Royal le nom de la peur de la peur, la 1° des peurs devant l'emporter (raffinement style Normale Sup). Bon, c'est bien écrit, c'est facile, ca peut passer. Et puis voilà qu'il se met en devoir de réciter les points nécessaires à la lutte. Et là, ca commence à ne plus aller du tout. On retrouve mêmedes affirmations à la Mao comme quoi un médecin doit soigner les malades, mais passons, jusqu'à arriver à cette affirmation relative aux deux tenants du monde : les libertaires et les libéraux. Que ce penseur professionnel, salarié, rentier et patenté, vienne nous dire, à nous libertaires, que nous tenons le monde, il y a de quoi nous intriguer. Alors il "explique" : "Les premiers [les libertaires] soutiennent les droits de l'individu démocratique à la jouissance sous toutes ses formes, sans voir que, dans un monde réglé par la dictature marchande, ils servent de fourriers à la pornographie, qui est un des plus importants marchés planétaires." (pp 64-65). Tiens donc ! Nous serions donc des jouisseurs démocratiques pornographiques ? Sûr que les ouvrier(e)s chinois ("à la tête des usines les ouvriers les plus libres du monde", disait la propagande maoïste...) n'ont pas trop l'occasion de jouir ! Mais nous n'allons pas répondre à ce tas de boue. Mais Badiou explique encore à ses étudiants et ses lecteurs que "la seule différence entre les libertaires et les libéraux, qui valident comme norme unique la satisfaction des individus, est le recours des premiers au désir, contre le recours des seconds à la demande." (p 65). (on met les pages, car ca peut paraître truqué). Voilà donc notre vieux stalinien qui nous refait la mathématique (il est fou de maths) : libertaire = libéral. Ce coup-là, des générations de raclures staliniennes nous l'ont fait, mais l'époque leur était plus propice, le Guépéou en place, le KGB opérant, les Gardes Rouges massacraient, les millions de morts du stalinisme non encore estimés, et tout le monde semblait se foutre des anarchistes exécutés (comme de tant d'autres). Aujourd'hui, ces dictateurs en mal de dictature sont réfugiés dans les bonnes places de la culture officielle, plus morts que les morts du Panthéon, moins intéressants. Alors disons que tant que certains croiront que l'ennemi ultime est un de ces apparatchiks séniles, nous avancerons plus sereinement pour ruiner ce vieux monde et tous les salauds.
   Alain Badiou est l'un des ultimes noms de Staline.

Nota : que l'on ne nous dise pas que ce monsieur ne connaît pas le sens du mot "libertaire", depuis 50 ans qu'il étudie les courants du socialisme. Comme il connaît le nom d'"homme" et s'entête à penser que l'homme en tant que tel n'a aucun intérêt.
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