Paroles libertaires ! 7 mai 2005, nous avons écrit : "Alors oui, ca recommence, "Emancipations", parce que les temps sont venus !" Nous confirmons.
Rendez-vous sur TF1, A2, FR3 et toutes les autres à partir du lundi 21-11-05 : vous y entendrez parler de voyageurs "pris en otage", d'"exaspération croissante" et tout le tralala des litanies habituelles.
C'est que les cheminots vont tenter une nouvelle fois de sauver, une nouvelle fois, ce qu'il reste du service public. Le patronat est confiant face à ce conflit car il ne croit pas que la solidarité va jouer. Bref, il dit qu'en 2005 ce ne sera pas comme en 1995. Clap, clap, on fait clap clap car effectivement 1995=2005 est une grossièreté mathématique, mais au-delà non, 1995 ne reviendra pas. 1995, c'était la dernière fois que paisiblement un mouvement social allait aller au bout de l'impuissance du dialogue social, comme le NON à l'Europe du fric a été le dernier vote progressiste pour se rendre compte de l'inutilité de voter. Nous en sommes ainsi à finir les fausses croyances, les rêves pacifistes, nous en sommes aux dernières affirmations paisibles face à des gens plein de haine, de fric, de volonté d'en découdre, et si c'est triste c'est ainsi.
La bataille d'EDF-GDF qui n'a pas eu lieu contre la privatisation aura aussi été la dernière bataille tranquille.
Désormais, les comptes sont faits : dialogues, discussions, élections, négociations, tous ces "ions" sont foirés. Ce n'est jamais de gaieté de coeur que le constat est fait, et il faut en passer par là, faut croire. En passer par là parce que les gens, les braves gens, n'aiment pas la guerre, et c'est très bien. Parce que le peuple commence toujours par vouloir ouvrir les yeux du tsar, du "bon petit père", par vouloir croire qu'il y a erreur, mais ca, ca ne marche pas, et le tsar comme Louis XVI, finissent comme on sait. Et l'on sait aussi que ca ne suffit pas.
Le chemin est long, mais désormais il est à faire, la route n'est plus balisée par de grands rédempteurs. Ca s'appelle comment ? : ca s'appelle notre liberté.