Paroles libertaires ! 7 mai 2005, nous avons écrit : "Alors oui, ca recommence, "Emancipations", parce que les temps sont venus !" Nous confirmons.
Au fur et à mesure des réformes réactionnaires et des réactions à ces réformes, force est de constater les progrès accomplis par un certain pragmatisme. Un exemple : la "dernière" réforme de l'Université s'inscrit globalement dans le cadre d'adaptation aux "critères convergents" définis à Bruxelles par les libéraux et dans la perspective de la privatisation de type USA des universités. Jusque là, rien de neuf sous le soleil. Mais à observer la réaction par exemple de l'UNEF, il faut noter une certaine complaisance face à ce schéma directeur. Qu'est-ce à dire ? Simplement que l'UNEF comme la quasi totalité des mouvements hier étiquetés à "gauche" se soumettent à ce pragmatisme qui consiste à accepter globalement le monde comme il est et à l'arranger anecdotiquement. Cela signifie encore que toute idée d'une transformation effective de ce monde est abandonnée. Et cela enfin signifie qu'une société arrive à son terme, quand elle incapable de produire des idées que l'on peut qualifier d'utopiques, quand elle perd le sens et le goût de tout projet ambitieux et novateur.
Rappelons-le : nous avons souligné l'utilisation par l'UMP de valeurs dans l'air du temps mais abandonnées, comme le désir confus de "changement". Car c'est bien en l'absence de toute volonté claire de changement que le dit changement peut être utilisé comme un mot creux dans un processus d'adaptation à la réalité telle qu'elle est.
Ceci étant, nous enregistrons ET nous restons dans le camp de l'utopie. Nous assumons notre désir de changer le monde, de prendre le parti de la vie. Nous et d'autres, encore marginalisés, minorisés, oubliés, certes, mais désormais face aux exigences de la réalité. Nous ne pouvons plus accuser grand monde de mettre un écran entre le désir de changer et le système en place. Ce qui veut dire que notre utopie doit se confronter aux question réelles, et s'y confronter pratiquement, et encore ... pragmatiquement.
Le mouvement libertaire doit accepter les enjeux et sa responsabilité. Il faut sortir d'une certaine contestation globale de ce monde pour une remise en cause effective de ce monde, et donc aussi en passer par des moments particuliers. Sans pour autant abandonner cette remise en cause fondamentale. En somme, tout est à faire. Ca tombe bien, nous voulons nous y employer.